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Les artistes Sud-africains engagés dans la lutte anti-apartheid

Si des figures comme Nelson Mandela, Desmond Tutu ou encore Steve Biko, incarnent à eux seuls les symboles de lutte contre l’apartheid, ils ne furent pas les seuls artisans de ce combat.

Plusieurs autres Sud-africains, bien que moins plébiscités, ont également, à travers l’art littéraire ou musical, mené avec une farouche détermination, la lutte contre les discriminations raciales.

Nous vous invitons aujourd’hui à découvrir le parcours et le travail remarquable de certains artistes musiciens qui ont œuvré pour l’affranchissement des populations noires d’Afrique du Sud.

Johnny Clegg
Jonathan Clegg plus connu sous le nom de Johnny Clegg est un artiste compositeur et interprète, anthropologue et militant Sud-africain. Ses chansons sont pour la plupart centrées sur la lutte anti-apartheid. Son titre le plus emblématique est Asimbonanga, un hommage à Nelson Mandela alors emprisonné depuis plus d’une vingtaine d’années. Son engagement en faveur des peuples opprimés lui valut le surnom de Zoulou blanc.

Miriam Makeba
Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama, celle que l’on surnomme Mama Africa est une chanteuse d’ethno-jazz et une militante politique sud-africaine naturalisée algérienne en 1972. Elle commence sa carrière avec le groupe Cuban Brothers, puis devient en 1952 choriste des Manhattan Brothers, qui lui donnent le nom de scène Miriam. Elle devient rapidement une vedette et utilise sa notoriété pour dénoncer le régime de l’apartheid mis en place par les nationalistes afrikaners. En 1956, elle écrit son hit Pata Pata qui deviendra son plus grand succès. Son engagement la conduit plus tard à jouer dans Come back, Africa, un film anti-apartheid. Suite à cela elle est contrainte à plusieurs décennies d’exil, ses disques sont interdits de vente en Afrique du Sud et elle est déchue de sa nationalité.

Abdullah Ibrahim
Adolph Johannes Brand plus connu sous les pseudonymes de Dollar Brand ou encore Abdullah Ibrahim est un compositeur, pianiste de jazz et saxophoniste Sud-africain. En 1960, pendant la ségrégation, il s’exile en Europe avec Sathima Béa Benjamin, sa partenaire de scène qui deviendra plus tard son épouse. Sa musique est inspirée de son pays, de son enfance , des hymnes protestants et des musiques du Cap. A la fin des années 1960, il retourne dans son pays mais s’exile à nouveau en 1976, alors que son titre Mannenberg devient de manière officieuse l’hymne des émeutes de Soweto.

Ces différentes trajectoires d’artistes démontrent que la lutte contre la ségrégation en Afrique du Sud, bien plus qu’un combat politique, était un combat social porté aussi bien par les noirs que par les blancs.

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