Libula

A la découverte de la stèle de la route de l’esclave

Au nord-ouest d’Abidjan, à quelques encablures de la ville de Tiassalé se trouve le village de Kanga Nianzè qui signifie “va esclave”. Ce village a été rebaptisé ainsi après la colonisation car il a joué un rôle crucial dans l’histoire de la traite négrière en Côte d’Ivoire: il était considéré comme la dernière étape avant le départ définitif des captifs. Il s’y trouve une rivière sacrée nommée Bodo. Si l’on attribue à cette rivière des pouvoirs mystiques notamment la possibilité de rendre amnésique tous ceux qui s’y baignent afin de les rendre plus dociles, les esclaves y étaient surtout amenés pour des raisons hygiéniques avant d’être acheminés vers Cap Lahou aujourd’hui appelé Grand Lahou. Ce dernier bain visait à les nettoyer et à masquer leurs blessures.

L’UNESCO dans le cadre de son projet dénommé “Route de l’esclave” qui depuis 1994 recense les lieux historiques de passage des esclaves dans plusieurs pays africains a reconnu ce site comme l’un des lieux de mémoire de la période coloniale en Afrique. Pour matérialiser cette reconnaissance, une stèle commémorative y a donc été inaugurée le 6 juillet 2017 faisant Kanga Nianzè le premier lieu de mémoire de l’esclavage officiellement reconnu en Côte d’Ivoire.

Inauguré en présence de hautes personnalités de l’État ivoirien à savoir l’ancien vice-président Daniel Kablan Duncan, la grande chancelière Henriette Dagri Diabaté et Maurice Bandaman à l’époque ministre de la culture. Des figures intellectuelles et politiques majeurs telles que l’historien congolais Elikia M’Bokolo et l’ancien président béninois Nicéphore Soglo avaient également effectué le déplacement pour marquer l’importance de l’événement. Malgré cette reconnaissance internationale, ce site est aujourd’hui à l’abandon, envahi par la végétation.

Véritable reflet de l’histoire et du patrimoine culturel ivoirien, la Stèle de la route de l’esclave mérite une plus grande promotion et une politique de réhabilitation. redonner vie à ce sanctuaire historique est un devoir de mémoire.

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