Fort Jésus, joyau architectural témoin de quatre siècles de rivalités
À Mombasa, sur la côte kényane, à l’entrée de l’un des plus importants ports naturels d’Afrique de l’Est, se dresse une forteresse appelée Fort Jésus.
Le fort a été conçu par l’architecte italien Giovanni Battista Cairati et construit entre 1593 et 1596 par les Portuguais sur ordre du roi d’Espagne et du Portugal, Philippe II le Prudent afin de protéger le port de Mombasa des incursions des Ottomans. Il a été érigé sur une arête Corallienne dominant l’océan. Vu du ciel, sa forme évoque la silhouette d’un corps humain avec quatre bastions couvrant les différents angles d’attaque possible. Son architecture est inspirée de l’architecture militaire de la Renaissance.
La forteresse a été au cœur de conflits en plusieurs puissances occidentales. Elle a été assiégé plusieurs fois par différentes puissances coloniales ainsi que par les peuples Swahilis locaux. Le plus marquant de ces affrontements a été celui de 1696 à 1698 lorsque les forces omanaises sous les ordres du sultan Saif bin Sultan ont assiégé la forteresse pendant plus de trois ans avant de la prendre aux portuguais. Cette invasion provoqua la mort de la quasi-totalité des défenseurs du fort. Les sultans d’Oman ont conservé le contrôle de Mombasa pendant près de deux siècles avant d’être assaillis par les forces britanniques qui prennent possession du fort en juillet 1895 et en font une prison jusqu’en 1935. En 1958, il devient parc national puis musée accessible au public en 1962 géré par les Musées nationaux du Kenya.
Le 12 décembre 1963, le Kenya devenu indépendant prend en main la gestion du musée toujours sous la direction des Musées nationaux du Kenya devenus une institution publique nationale. Le musée retrace aujourd’hui l’histoire de la côte swahilie. Il présente des objets issus de fouilles archéologiques, notamment des céramiques, des armes et des artefacts liés au commerce maritime entre l’Afrique de l’Est, la péninsule Arabique, l’Inde et l’Europe. Le site conserve également des vestiges architecturaux, des inscriptions anciennes et des canons historiques. Une unité de malacologie de l’institut de recherche sur les primates (Institute of Primate Research) de Nairobi est également basée dans le fort et concentre ses études sur le contrôle de la santé des mollusques à coquille prélevés aux alentours de Mombasa.
Le site qui reste aujourd’hui l’un des principaux repères historiques de Mombasa et un lieu d’étude pour comprendre l’histoire politique, militaire et commerciale de l’Afrique de l’Est, a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011 en reconnaissance de sa valeur et de son rôle dans l’histoire des échanges à travers l’océan indien.

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