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Cases obus: Toleukakay, les habitations bioclimatiques du peuple mousgoum

L’architecture africaine traditionnelle regorge de réalisations aussi ingénieuses que remarquables. Parmi elles, figurent les toleukakay plus connues sous le nom de Cases Obus, des constructions qui témoignent du savoir-faire emblématique du peuple Mousgoum installé principalement dans l’extrême nord du Cameroun ainsi que dans certaines régions du Tchad.

Pouvant atteindre jusqu’à une dizaine de mètres de hauteur, ces habitations n’utilisent pas de clou, de bois, ni de ciment. Conçues pour s’adapter aux conditions climatiques du Sahel, elles sont construites uniquement à base de terre, d’eau et de paille. Les motifs extérieurs n’ont pas qu’une fonction décorative. Ils servent d’échafaudage naturel permettant de grimper afin d’entretenir et réparer les parois après la saison des pluies.

Elles facilitent également l’écoulement de l’eau et limitent l’érosion des murs. L’épaisseur des parois en terre et le système de ventilation contribuent à garder l’intérieur frais même en période de forte chaleur. Une petite ouverture au sommet permet à l’air frais de circuler à l’intérieur tout en évacuant la chaleur.

En saison pluvieuse, cette ouverture est fermée afin d’empêcher l’eau de pénétrer à l’intérieur des cases. Autrefois, une concession familiale comportait cinq de ces cases: une pour le maître de maison, deux pour les femmes, une pour la cuisine et une autre pour le bétail ou le stockage. Elles étaient toutes reliées par une enceinte en terre dont la porte était fermée chaque nuit.

Ces constructions ont été baptisées Cases Obus par l’écrivain français André Gide lors de son voyage en Afrique en 1926 en raison de leur forme similaire à celle d’un obus. Toutefois, cette appellation est extérieure à la culture mousgoum. Pour ce peuple, elles restent et demeurent des toleukakay (ou teleuk).

Ces cases ont progressivement commencé à disparaître à partir des années 1960, en raison de l’urbanisation, de la faible transmission des techniques de construction et de l’adoption du mode vie occidental par les populations. Pendant des siècles, les toleukakay ont constitué un modèle d’architecture bioclimatique. Aujourd’hui encore, elles suscitent l’intérêt d’architectes et chercheurs du monde entier.

Ces habitations sont une preuve indéniable du savoir-faire et de la créativité architecturale du peuple mousgoum mais aussi de la richesse du patrimoine architectural africain.

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