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Diadié Bathily, le danseur et chorégraphe ivoirien qui porte le Zaouli au-delà des frontières nationales

Le 15 mars 2026, lors de la 98e cérémonie des Oscars, le Zaouli, masque symbolique originaire de la Côte d’Ivoire a fait une entrée remarquable et remarquée au Dolby Théâtre d’Hollywood. Derrière cette mise en lumière du masque gouro, un homme qui depuis trois décennies fait de la transmission et de la promotion des cultures ouest-africaines son sacerdoce : Diadie Bathily

Né le 12 février 1969 à treichville, une commune d’Abidjan, Diadié Bathily passe une partie de son enfance dans la région de Kayes, au Mali. C’est là dans le village de Marena qu’il se familiarise avec la danse. Dans son propre récit autobiographique, l’artiste explique que la danse lui permettait de supporter les difficultés de son quotidien. Les célébrations festives deviennent pour lui des espaces de liberté. Il dira plus tard que « la danse lui a sauvé la vie ».

La pratique n’est cependant pas toujours bien acceptée par son entourage. Issu d’une famille appartenant à la caste des hòron (nobles), il raconte avoir été sévèrement puni parce que sa passion pour la danse était perçue comme contraire aux règles morales auxquelles sa famille était attachée. Malgré ces obstacles, il poursuit sa pratique de sa passion qui devient progressivement une vocation.

Devenu danseur professionnel, Diadié Bathily développe son expertise autour de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Son répertoire comprend notamment des danses de Côte d’Ivoire, du Mali, de Guinée, du Burkina Faso, du Sénégal et du Ghana, auxquelles il associe également des formes de danse contemporaine.

Au cours de sa carrière, il travaille avec plusieurs figures et compagnies reconnues de la danse africaine, notamment Les Guirivoires de Marie-Rose Guiraud et la troupe d’Adama Dramé. Il collabore également avec le Cleo Parker Robinson Dance Ensemble aux États-Unis.

En 1998, Bathily émigre aux États-Unis. Il s’installe à Saint-Louis, dans le Missouri. Cette nouvelle étape marque un tournant dans sa carrière : il ne se contente plus d’être interprète. Il devient également enseignant, chorégraphe et passeur culturel.

Il fonde en 2003, Afriky Lolo, une compagnie de danse à but non lucratif basée à Saint-Louis. Le nom signifie «étoile d’Afrique», L’organisation obtient son statut d’association à but non lucratif en 2007. À travers Afriky Lolo, Bathily développe des spectacles, des ateliers et des programmes éducatifs. L’on peut lire sur le site de l’organisation “Chaque fois que possible, nous entretenons et développons les contacts entre notre communauté de danse africaine à St. Louis, dans le Missouri, et d’autres passionnés de danse africaine à travers le monde.” La transmission occupe ainsi une place centrale dans son travail. Pour lui, la danse ne se limite pas à une succession de mouvements. Au-delà, elle raconte une histoire et devient mémoire d’une identité culturelle.

Parmi les expressions culturelles qu’il contribue à faire connaître figure le
Zaouli, danse traditionnelle associée au peuple Gouro de Côte d’Ivoire figure parmi les symboles mis en avant. Il est caractérisé notamment par le port d’un masque et par une gestuelle particulièrement rapide et précise. Pour Bathily, le patrimoine africain n’est pas destiné à rester figé dans les villages ou les musées. Il peut voyager, évoluer et rencontrer d’autres formes artistiques tout en conservant son identité.

Lors de la 98ᵉ cérémonie des Oscars, il participe à la performance en direct de «I Lied to You», chanson du film Sinners. Aux côtés de la danseuse classique Misty Copeland, il apparaît sur scène vêtu tel un masque Zaouli. Pour l’artiste, ce moment dépasse donc largement le cadre d’une simple prestation artistique. Il représente une occasion de montrer une partie du patrimoine ivoirien à un public mondial. Il a notamment confié que son pays était fier de voir le Zaouli présenté sur cette scène internationale et a indiqué avoir reçu un appel de la Première dame de Côte d’Ivoire après la performance.

Quelques mois après son passage aux Oscars, il est d’ailleurs revenu sur scène à Saint-Louis avec Afriky Lolo pour présenter Sundiata: The King of Mali, une création consacrée à Soundiata Keïta, figure historique à l’origine de l’Empire du Mali. Le spectacle, présenté en juillet 2026, marquait également les vingt ans d’Afriky Lolo.

L’histoire de Diadié Bathily illustre la manière dont un artiste peut transformer son parcours personnel en outil de transmission culturelle. De l’enfant qui trouvait refuge dans la danse au chorégraphe qui enseigne aujourd’hui les traditions ouest-africaines aux États-Unis, son itinéraire témoigne de la capacité de l’art à traverser les frontières. Son apparition aux Oscars aura surtout offert une visibilité exceptionnelle au Zaouli et, plus largement, à la richesse des danses traditionnelles africaines.

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