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Au Cap : le Nouvel An célébré au rythme du défilé des ménestrels, héritage d’une histoire douloureuse

Chaque début d’année, la ville du Cap se transforme en une immense scène à ciel ouvert à
l’occasion du défilé des ménestrels, une célébration populaire aussi festive que symbolique.
Connu sous le nom de Kaapse Klopse, cet événement attire des milliers de participants et
de spectateurs, perpétuant une tradition née à l’époque de l’esclavage en Afrique du Sud.
L’origine du défilé remonte au XVIIIᵉ siècle, lorsque les esclaves du Cap, privés de repos le
jour du Nouvel An, obtenaient exceptionnellement une journée de liberté le 2 janvier. Ce
moment rare devenait une occasion d’expression, où chants, danses et musiques
permettaient d’oublier, l’espace d’un instant, les contraintes imposées. Avec le temps, cette
pratique s’est structurée et transmise de génération en génération.

Aujourd’hui, les troupes de ménestrels défilent dans les rues de la ville vêtues de costumes
éclatants, le visage parfois maquillé, accompagnées de fanfares, de percussions et de
chœurs. Chaque groupe rivalise de créativité à travers ses chorégraphies et ses
compositions musicales, offrant un spectacle haut en couleur qui mêle influences africaines,
européennes et asiatiques.
Mais derrière l’ambiance festive, le défilé porte une forte charge mémorielle. Pour la
communauté métisse du Cap, il représente un symbole de résistance culturelle et de
reconstruction identitaire. La célébration rappelle un passé marqué par l’oppression tout en
mettant en avant la capacité des peuples à transformer la douleur en héritage culturel vivant.
Inscrit dans le calendrier culturel sud-africain, le défilé des ménestrels demeure ainsi un
moment de rassemblement, de transmission et de fierté collective, où l’histoire et la fête
avancent au même rythme, au son des tambours et des cuivres.

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