
Célébration de la femme : Ellen Johnson Sirleaf, focus sur la « Dame de fer » du Libéria
Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Libéria/ ONU
Dans le prolongement de la célébration de la Journée Internationale des Droits des Femmes, nous ouvrons une lucarne sur la première femme présidente de la république en Afrique, en l’occurrence, Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Libéria. Surnommée la « Dame de fer », elle a marqué l’histoire en devenant la première femme présidente démocratiquement élue en Afrique, occupant ce poste de 2006 à 2018.
Avant d’accéder à la présidence, elle a été Ministre des Finances sous le régime de Samuel K. Doe. Cependant, son franc-parler lui a valu une condamnation à dix ans de prison pour avoir critiqué le gouvernement. Échappant à l’exécution, elle a fui aux États-Unis et au Kenya, où elle a poursuivi sa carrière d’économiste. Après une première candidature présidentielle infructueuse face à Charles Taylor, qui a ensuite été exilé, elle a réussi à se faire élire, entrant ainsi dans l’histoire.
À son arrivée au pouvoir, Mme Sirleaf a hérité d’un pays dévasté par les séquelles d’une guerre civile. Le Libéria faisait face à un taux de chômage alarmant et à une crise de la dette sévère. Grâce à ses efforts pour obtenir un allégement de la dette, elle a réussi à effacer celle du Libéria en seulement cinq ans. Son mandat a également été marqué par une augmentation des investissements étrangers et un soutien international croissant. En tant que fervente défenseure de la lutte contre la corruption, elle a créé la Commission de lutte contre la corruption du Libéria.
En 2007, Ellen Johnson Sirleaf a été honorée de la Médaille présidentielle américaine de la liberté, la plus haute distinction civile des États-Unis. Quatre ans plus tard, elle a reçu le prix Nobel de la paix, conjointement avec sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkol Karman, pour leur engagement non violent en faveur de la sécurité et des droits des femmes dans le processus de consolidation de la paix.
L’économie libérienne a connu une période de prospérité sous sa direction, jusqu’à ce que l’épidémie d’Ebola frappe le pays et ses voisins en 2014. Malgré ces défis, à la fin de son mandat en 2018, elle a réussi à transférer pacifiquement le pouvoir à George Weah, un événement sans précédent depuis 1944 dans l’histoire politique du Libéria.
Lors de son discours final à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2013, elle a rappelé qu’elle avait été invitée à prendre la parole en tant que première femme démocratiquement élue à la tête d’un État africain. Elle a plaidé pour que cette tendance se poursuive, affirmant que « la prochaine génération doit appartenir aux femmes ». Elle a également souligné l’importance d’un transfert pacifique du pouvoir lors des élections présidentielles imminentes, affirmant que la démocratie était la voie à suivre pour le Libéria et l’ensemble du continent africain.
Ellen Johnson Sirleaf a évoqué les progrès considérables réalisés depuis la guerre civile, mettant en avant la paix et la stabilité retrouvées au Libéria, ainsi que les avancées dans la réhabilitation des infrastructures, l’accès à l’électricité, à l’eau et aux technologies. Elle a déclaré que cette transformation avait permis aux citoyens, en particulier aux femmes, de revendiquer « une voix et le droit d’être entendues ». Elle a également mis l’accent sur l’importance du commerce international, l’amélioration du système de santé et l’encouragement de l’esprit d’entreprise chez les jeunes comme priorités essentielles.
En conclusion, elle a remercié l’ONU pour son soutien indéfectible, affirmant : « Nous n’aurions pas pu accomplir tout cela sans l’ONU – son leadership politique, sa générosité en matière de développement économique, ses contributions humanitaires et, surtout, la stabilisation et la sécurité apportées à notre pays par la Mission des Nations unies au Libéria. » Elle a salué les efforts des États membres et des fonctionnaires des Nations Unies, qui ont permis à la première génération d’enfants en âge scolaire de grandir dans un environnement de paix, loin des violences des conflits civils.
Thom Biakpa
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