Teresa kachindamoto, la cheffe qui s’est opposée aux mariages précoces au Malawi
Au Malawi, une femme a transformé son autorité traditionnelle en puissant levier de lutte et de protection des filles. Teresa Kachindamoto est devenue une figure internationale grâce à son engagement contre les mariages précoces et forcés.
Née le 23 novembre 1958 dans le district de Dedza et morte le 13 août 2025 à Lilongwe, était une Inkosi, c’est-à-dire une cheffe traditionnelle du district de Dedza au Malawi, fonction qu’elle occupait depuis 2003. Choisie par les chefs de districts en raison de sa bonté et de sa sagesse, elle est la première femme à porter ce titre, brisant ainsi une tradition longtemps reservee aux hommes.
Au Malawi, le mariage précoce a pendant longtemps été normalisé en raison de la pauvreté et de certaines traditions culturelles jugées sexistes. En effet, pendant des années, plus de la moitié des filles étaient mariées avant leur majorité.
Dès son intronisation en tant que Inkosi, Teresa Kachindamoto fait de la protection des filles, l’une de ses priorités. Elle s’attaque aux traditions sexistes de son pays, notamment celle des “hyènes” surnom donné aux hommes qui, dans la tradition malawite, viennent pour avoir des rapports sexuels avec des jeunes filles après leurs premières règles, afin de les purifier et les protéger des maladies ou encore les mariages forcés, les grossesses precoces ou la déscolarisation des filles. Elle milite surtout pour l’interdiction des mariages précoces et pour que les filles aient droit à une scolarité prolongée.
Pour donner du poids à son combat, elle n’hésite pas à utiliser l’autorité que lui confère son statut. Elle annule des centaines de mariages impliquant des mineurs. Son action est soutenue par des organismes internationaux, notamment ONU Femmes avec lesquels elle mène des campagnes de sensibilisation en faveur des droits des filles. Grâce à son engagement ainsi que le soutien des organisations internationales, en 2015, le Malawi fait passer une loi interdisant le mariage avant l’âge de 18 ans.
Son influence setend bien au-delà des frontières du Malawi. Son engagement en faveur des filles lui vaut de nombreuses distinctions internationales Elle reçoit, en 2024, le titre honorifique de Docteur Honoris Causa de l’Université Catholique de Louvain.
Le parcours de Teresa Kachindamoto montre que les autorités traditionnelles peuvent aussi être des acteurs majeurs du changement social. En utilisant son pouvoir pour protéger les enfants plutôt que pour préserver des pratiques néfastes, elle est devenue un modèle de leadership féminin en Afrique et dans le monde.

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