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Stervos Niarcos, le pape de la SAPE

“Quand tu n’as plus rien… habille-toi comme si tu avais tout. Parce que parfois, ton costume est ta dernière dignité” STERVOS NIARCOS

Adrien Mombele Samba N’gatshie connu sous le nom de scène de Stervos Niarcos est né à Léopoldville (actuelle ville de Kinshasa) en République Démocratique du Congo, le 31 mai 1952. Auteur-compositeur, interprète, chanteur mais surtout figure emblématique de la SAPE (Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes), il a marqué le paysage culturel congolais.

Petit-fils du roi Ngaliema de la tribu des Bateke et fils de Pierre Mombele, ministre de l’Éducation dans le gouvernement de Patrice Lumumba, père de l’indépendance congolaise, il grandit dans une famille privilégiée qui, très tôt, l’envoie étudier en Europe. Son séjour en France, sa vision du vêtement. L’élégance devient alors pour lui plus qu’une culture vestimentaire: une idéologie, un mode de vie. Il ne porte que les créations de grandes maisons.

Mais le réduire à son image de sapeur, serait oublier une autre facette de son parcours. l’homme était aussi un artiste accompli: chanteur, compositeur et interprète. Il a de ce fait collaboré avec les plus grands noms de la musique congolaise de l’époque, notamment Papa Wemba, Bozi Boziana et Evoloko Jocker. Sa première chanson Toutou est interprétée par Bozi Boziana de l’orchestre Zaiko Langa Langa. Par la suite, il signe plusieurs œuvres qui contribuent à asseoir sa réputation dans l’univers musical congolais, parmi lesquelles Champs Elysées, Nostalgie ou encore Dernier coup de sifflet.

 

Stervos construit autour de lui une véritable mythologie. Il devient dans les années 1970, l’un des visages les plus connus de la religion Kitendi, expression métaphorique employée par les sapeurs pour désigner le culte du vêtement et de l’élégance.
Cependant, derrière, cette image reluisante de lui, se cache, une trajectoire plus complexe. Son train de vie luxueux attire l’attention. Au début des années 1990, il est arrêté pour trafic de drogue en France, détenu à la prison de Fresnes, son état de santé se dégrade. Il est alors transféré à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. C’est là, le 10 février 1995, que le Pape de la SAPE s’éteint, loin de sa terre natale.

 

La nouvelle secoue le monde de la mode africaine, de la musique, et du Congo tout entier. Mais sa mort ne marque pas la fin de son influence. Elle contribue, au contraire, à renforcer son statut de légende. Chaque année, le 10 février, les sapeurs de Kinshasa et Brazzaville se retrouvent au cimetière de la Gombe, devant sa tombe, pour honorer son souvenir. Vêtus de leurs plus beaux habits, ils ne pleurent pas. Ils défilent. Ils dansent. Ils rendent gloire à l’homme qui a donné un sens sacré au vêtement.

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