Josina Machel, figure incontournable de la lutte pour l’indépendance du Mozambique
S’il est vrai que dans les pays africains, les hommes ont joué un rôle crucial dans la lutte pour l’accession à l’indépendance, la contribution des femmes a également été déterminante. Dans plusieurs pays, les femmes, bien que sous représentées, ont pourtant, aux côtés des hommes, lutté avec une bravoure exceptionnelle. Parmi ces héroines figure Josina Machel.
Née le 10 août 1945 à Vilankulo dans le sud du Mozambique alors sous domination portugaise dans une fratrie de cinq sœurs et trois frères dans une famille bénéficiant du statut d’assimilés, Josina Abiathar Muthemba commence l’école primaire à sept ans. Son père, infirmier dans les hôpitaux publics, est régulièrement muté, ce qui oblige la famille à déménager fréquemment.
À la fin de sa classe de quatrième, elle part à Lourenço Marques (aujourd’hui Maputo), qui était à l’époque le nom de la capitale du Mozambique portugais. C’est durant cette période que naît son engagement politique. Elle revendique d’abord avec un groupe d’élèves du secondaire, la création d’une identité nationale mozambicaine puis une éducation politique dans les écoles secondaires.
En 1964, avec un groupe d’étudiants, elle tente de rejoindre le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique) en Tanzanie afin de participer à la lutte pour l’indépendance. Ils se font cependant arrêter à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Elle connaît un séjour carcéral de plusieurs mois avant de recouvrer la liberté. Elle reste cependant sous surveillance policière.
Quatre mois plus tard, loin de renoncer, elle tente encore une fois de rejoindre le FRELIMO. Cette fois, elle passe par l’Eswatini. De là , elle réussit à rejoindre Johannesburg, puis Francistown. L’administration britannique considère toutefois son groupe et elle indésirables et refuse de les laisser poursuivre leur voyage. Le président du FRELIMO, Eduardo Mondlane avec l’aide d’organismes internationaux réussit à convaincre l’administration de les laisser poursuivre leurs pérégrinations. Grâce au HCR, le groupe réussit à atteindre Dar-es-salam où se trouve le siège du parti.
À 20 ans, elle occupe des postes de responsabilités au sein du FRELIMO. Elle travaille d’abord au Mozambique Institute, où elle s’occupe des affaires sociales et du bien-être des combattants. Elle participe ensuite à la création du Département des affaires sociales, chargé notamment de venir en aide aux orphelins de guerre, aux réfugiés et aux familles des combattants.
En 1969, elle épouse Samora Machel, alors chef militaire du FRELIMO et futur premier président du Mozambique indépendant. Ensemble, ils ont un fils, Samito Machel. Malgré son mariage et la naissance de son enfant, Josina poursuit son militantisme.
Elle défend avec force la participation des femmes à la lutte armée ainsi que leur émancipation politique, économique et sociale. Son action contribue à faire évoluer la place des femmes au sein du mouvement de libération.
Affaiblie par la maladie, Josina Machel meurt le 7 avril 1971 à seulement 25 ans, quatre ans avant l’indépendance du Mozambique. Son décès provoque une vive émotion au sein du FRELIMO. En hommage à son engagement exceptionnel, le Mozambique célèbre chaque 7 avril la Journée nationale de la femme mozambicaine.

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